Pirate Island : Une journée sur l’île de Tabarca, Valence

Flottant au large de la côte valencienne, ce petit îlot rocheux est la plus petite île d’Espagne à être habitée en permanence. À seulement 30 minutes en bateau depuis le port de Santa Pola, il offre un mélange unique de mer, de sable, d’histoire et de fruits de mer frais qui en fait une excursion idéale d’une journée depuis Alicante.

Ici, la population tourne autour de 60 âmes, un nombre qui explose quand l’été arrive et que jusqu’à 4 000 touristes envahissent l’île.

Moi, j’y suis allé quand tout était encore calme.

Bien que l’île soit petite, elle déborde de choses à voir et à faire.

Là où Alicante déploie ses vergers et ses orangeraies, Tabarca offre un tout autre visage : un paysage presque désertique, où les épines et les cactus se battent pour un peu d’espace.

Le long de la côte, des oiseaux rares se posent sur les rochers, et de petites criques secrètes, recouvertes d’algues, invitent à la pause.

La mer, elle, est un autre monde. Calme, translucide, vibrante. Les récifs regorgent de vie, et nombreux sont ceux qui viennent ici pour plonger ou explorer les fonds marins – parmi les plus beaux d’Espagne.

À l’intérieur des terres, entre le phare et le musée Nueva Tabarca, les ruelles étroites dévoilent des maisons blanches pleines de charme, des bars qui racontent encore des histoires de pirates, et des restaurants où l’on sert le fameux caldero, le ragoût de poisson qui porte le goût de l’île.

Célèbre pour sa faune et sa flore, Tabarca est entourée de ces eaux pleines de vie, protégées en tant que réserve marine depuis 1986.

Les catamarans qui voguent entre l’île et la côte sont souvent équipés de fonds transparents, pour que chaque traversée devienne une exploration.

Je regarde sous mes pieds, et le spectacle est là : des étoiles de mer, des coquillages, des éponges. Une vie fragile qui danse au rythme des vagues, dans ce monde sous-marin qu’on effleure à peine.

Au XVIIIe siècle, l’île servait de repaire aux pirates barbaresques. C’est ce qui a poussé le roi Charles III d’Espagne à y faire construire des fortifications, dont les vestiges accueillent encore aujourd’hui les visiteurs, dès l’instant où le bateau approche du rivage.

Des murs de pierre, des bastions silencieux, témoins d’une époque où l’île était un abri pour les hommes sans foi ni loi.

Il m’a fallu à peine une heure pour faire le tour de Tabarca. L’île ne fait que 1 800 mètres de long et 400 mètres à son point le plus large. Pas de bruit, pas de circulation, pas de foule comme dans les grandes villes d’Espagne.

Juste le silence, le soleil, le vent.

En chemin, je me suis arrêté dans des coins isolés, j’ai pris le temps de respirer, de bronzer, de pique-niquer.

J’ai croisé l’église baroque de Saint-Pierre et Saint-Paul, marché sur la place du village où des enfants jouaient, et grimpé jusqu’à des points de vue incroyables d’où l’on peut contempler la Méditerranée à perte de vue.

Un morceau de terre, perdu au milieu de l’eau, qui te rappelle combien c’est bon de ralentir.

 

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